
La Foi naît de la rencontre avec Dieu. La Foi est offerte par Dieu, par amour, sans condition.
A Dieu seul la gloire.

En dehors de Dieu, rien n'est sacré, divin ou absolu

L’appel de la montagne, des skis cramponnés sur les barres de toit des voitures qui font un chassé-croisé nord-sud entre les plaines et les pistes. Une fois sur place les débutants, les apprentis et les prudents évoluent sur des pistes bleues vers les noires. Les pistes sont essentielles pour apprendre, évoluer et améliorer les techniques. Mais … à un moment ou à un autre le skieur ressent l’appel du hors-piste. L’aventure, le buzz et le danger se trouvent « hors-piste ».
Dans nos églises, nous sommes trop souvent contents d’évoluer sur les pistes bien tracées par nos traditions, nos cultures, nos « ça a été toujours comme ça ». En effet nous sommes plus concernés par les affaires de notre église que par les affaires du monde. Le Dieu en Jésus explose la distinction entre le sacré et le profane. En lui, il n’y a pas de ligne tracée entre les réalités du monde et les choses de l’Esprit. Dieu en Jésus utilise le profane et l’ordinaire afin de révéler le sacré et les choses de l’Esprit. Quand Dieu voulait établir un lien avec Nabuchodonosor, il l’a fait par l’entremise d’une idole (Daniel ch. 2). Quand le même Dieu désirait montrer la profondeur de son amour, il l’a fait par le méprisable objet d’une croix.
Les textes bibliques viennent nous trouver là où nous sommes. Marc écrit pour que les non-juifs comprennent, Matthieu pour la sensibilité juive, Jean pour qu’un enfant de 6 ans puisse saisir le sens et les quatre premiers versets de l’Evangile de Luc sont dans un Grec littéraire d’une pureté rare dans le Nouveau Testament. L’inspiration de nos écritures fait qu’elles nous trouvent là où nous sommes.
Dieu n’est pas venu nous trouver dans la guise d’un « superman » mais dans la peau d’un « everyman » un quiconque – un « Bob le bricoleur », un « Jésus le charpentier », quelqu’un comme nous, quelqu’un de nous. C’est notre terroir chrétien.
Terroir n’est pas réservé au vin, mais désigne tout ce que peut être tracé à son origine. Les produits du terroir sont des produits qui sont de « chez nous », locaux, traçables, reconnaissables… Ces produits ne sont pas « issus de plusieurs pays européens » mais le sol, le climat et l’interaction humaine forment un tout pour dire son origine.
Aucune foi n’est sans son terroir. Je suis formé par le terroir du « non-conformisme » britannique, de chants de mon enfance, des moniteurs de l’école biblique et des pasteurs en chaires. Une prédication issue du terroir ne peut pas être prêchée n’importe où, elle est née d’un ensemble de forces qui la forment et qui la place en chair(e).
Le terroir de notre foi est que toute foi authentique trace son origine dans l’amour de Dieu versé dans le monde au travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus. L’autre mot que nous pouvons remplacer par « terroir » est « incarnation ». Un mot réservé aux théologiens et savants mais qui doit être un mot pour nous tous, et non pas seulement à Noël !
Incarnation nous dit que Jésus est « la façon de Dieu de connaître Dieu » (Stephen Cottrell). Ou autrement dit : « la meilleure façon que Dieu nous offre de connaître ce que c’est d’être humain » (Leonard Sweet). Dans cet événement qui est l’incarnation rien n’est caché, tout est authentique car l’histoire de Dieu est la suivante :
Une adolescente enceinte, un fiancé déconcerté, un voyage pénible, une étoile mystérieuse, une naissance troublée, une adolescence secrète, un adulte solitaire plongé dans un succès populaire, une mission passionnante, guérissons et miracles, marqués par le rejet, les rumeurs, le trahison, la désertion et une mort tragique.
Incarnation nous dit que le mystère de la présence de Dieu est un mystère qui nous engloutit dans les eaux de l’amour. Incarnation est notre vie en ce Dieu qui sait comment est la vie humaine, un Dieu qui me connaît de l’intérieur. Un Dieu qui n’attend qu’en répondant à son amour que moi aussi je connaîtrai cette vie qui ne peut pas être renfermée dans les tombes de ce monde.
Le terroir de notre foi est la trace de Dieu en chacun de nous (sur les sentiers battus ou hors-piste), maintenant et pour tous-les-jours (toujours). Joyeuses Pâques !
Quand le Christ ressuscite
il n’est pas revenu à la vie.
Il n’a pas repris la vie d’avant la croix.
Il est entré dans une vie autre.
Quand le Christ est ressuscité,
il n’est pas reparti de zéro,
comme s’il n’avait pas eu de vie jusque sur la croix.
Dans son corps glorifié :
la marque des clous
et de toutes ses blessures,
mais sans pouvoir désormais.
Sur son cœur et sur ses mains :
toujours et encore aimés
les noms de ses compagnons,
même celui de Judas,
et tous les visages rencontrés.
Quand le Christ est ressuscité,
il n’a pas été, pour ses compagnons,
le Maître comme auparavant.
Il est devenu le Ressuscité contagieux
qui les a sortis des tombeaux
où les avait précipité leur lâcheté.
Il a fait d’eux des messagers qui répandent
la contagion de la résurrection.
Et nous voici touchés par cette contagion,
quand nous obéissons à la voix du Christ
qui nous appelle à ressusciter maintenant.
L’Esprit du Christ nous ressuscite maintenant
de ces morts que sont nos hontes,
nos ressentiments et nos peurs,
non pas pour reprendre la vie
qui nous a conduit à ces morts,
mais pour donner une vie autre
et nous ouvrir des chemins nouveaux.
L’Esprit du Christ nous ressuscite maintenant,
mais nous ne repartons pas de zéro.
Dans nos vies nouvelles subissent
les marques de toutes nos blessures,
mais elles ont perdu leur pouvoir de mort.
Dans nos cœurs nouveaux nous retrouvons
tous les noms et tous les visages,
et nous accueillons
d’autres noms et d’autres visages.
Vers tous le Christ nous envoie,
comme des ressuscités contagieux,
pour les appeler à sortir de leurs tombeaux,
de tous les tombeaux où ils sont enfermés.
Et voici la grande question :
Avons-nous envie de ressusciter,
non seulement dans l’avenir,
mais dans le présent de Dieu ?